L'âme matérielle des amulettes sacrées

L'âme matérielle des amulettes sacrées

August 31, 2018

Autrefois, et encore aujourd’hui, pratiquement tous les ornements corporels étaient portés à des fins de protection et étaient en fait considérés comme une forme d'amulette.
 
Force qui dépasse la nature – L’utilisation des amulettes sacrées s’est développée dans un contexte cosmologique animiste et fut intégrée à une époque où les humains avaient tendance à accorder un caractère animé et une âme matérielle ou immatérielle à certains non-vivants.


 
Dans cette cosmologie générale, on retrouve l’atavisme ; l’idée que l’esprit d’un ancêtre ou d’un animal récemment décédé peut demeurer actif en possédant une entité vivante.
 
D'autres concepts animistes tel le fétichisme réfère à la croyance au pouvoir magique d'un objet naturel tel qu'une griffe ou une dent d’animal, en tant que demeure d'un pouvoir surnaturel qui peut être transféré à un objet consacré façonné sous une telle forme ; et finalement le phallicisme, l'adoration du pouvoir reproducteur des créatures vivantes.
 
C’est intégré dans ce système animiste que l'amulette est devenue l'instrument matériel utilisé par les croyants pour satisfaire ces objectifs. Les amulettes sont des dispositifs de protection visant à accompagner l’homme face aux forces de la nature sur lesquelles il ne détient aucun contrôle.


L'animisme s'est finalement développé en un déisme plus « sophistiqué », en la reconnaissance d’une multiplicité de dieux possédant des pouvoirs miraculeux au-dessus et au-delà de la nature. Ce concept est largement reconnu en Inde d’aujourd'hui par les hindous, les jaïns et les bouddhistes, ainsi que par les populations rurales et tribales. L'amulette est d’ailleurs un élément de ce système. Une fois que l'utilisation de l'amulette a été tolérée ouvertement ou tacitement dans un but religieux, son adoption s'est répandue. En conséquence, son utilisation en tant qu'objet de pouvoir destiné à favoriser ou à contraindre le divin et à protéger contre l'influence du monde des esprits est maintenant universelle dans tout le sous-continent indien.
 
Malgré les changements culturels et la croissance de l’éducation moderne mettant l’accent sur la « rationalité », plusieurs n'ont pas complètement abandonné la croyance en l'efficacité de l'amulette. Une explication de sa persistance peut être que le port de l’objet sacré confère au porteur un sentiment d'identité déterminé dans la communauté avec laquelle il partage de telles croyances et pratiques. Ces idées sont tellement ancrées dans la mentalité indienne que, même si l'utilisation de l'amulette établie par les générations précédentes peut changer avec le temps ou que des explications sont perdues, les raisons fondamentales de les maintenir restent inchangées.
 
Animisme et interprétation

La confiance en la puissance des amulettes leur confère la capacité de fonctionner pour le porteur, en particulier durant les périodes de stress psychologique ; l’état réceptif du porteur lui permettant de mieux faire face aux problèmes de la vie.


 
Les motifs du port d’amulette sur le corps résultent du besoin de se protéger contre les forces négatives pouvant assaillir l’humain. En repoussant de telles forces, l’amulette agit comme un objet énergétique capable de détruire efficacement la puissance maléfique et, se faisant, de protéger. Même les dieux et les déesses hindoues reconnaissent le pouvoir d'une amulette, et beaucoup d'entre eux y sont souvent représentés.
 
Une amulette peut avoir le pouvoir de repousser ou d'attirer les forces énergétiques, selon le cas. Une amulette repoussante très courante est celle portée contre la sorcellerie du mauvais œil, qui relève de l'expression malfaisante d’une personne jalouse dont le possesseur n'est peut-être pas conscient. Les esprits intentionnellement malins sont également repoussés par une amulette appropriée. Une amulette spécifique peut être utilisée pour repousser un démon tentant de prendre possession d’une femme enceinte et de provoquer un avortement. Du côté de l’action positive, certaines amulettes encourageant le divin seraient efficaces pour créer de l’ordre et du bonheur dans la vie. Il existe des amulettes qui peuvent influer sur l’amélioration de la fécondité, la virilité et la préservation de la santé familiale. D’autres amulettes peuvent également assurer la protection des biens personnels et familiaux, y compris la terre, dans un avenir incertain.
 
Un monde de rituels

Les amulettes sont communément utilisées dans le cadre de rituels religieux, comme la célébration des événements de rite de passage de l’homme ou de la femme hindoue. À chacune des étapes importantes de la vie, des cérémonies sont effectuées durant lesquelles des amulettes spécifiques sont requises. La naissance de l’enfant (jataluzrman), l'initiation d'un jeune homme dans la communauté brahmanique (upanayana), la fin des études brahmaniques (samavartana) et la cérémonie de mariage (vivaha) font partie des étapes les plus importantes.

Les amulettes propitiatoires appartiennent à la catégorie des amulettes personnelles qui ont une fonction générale et qui sont portées comme moyen de concilier ou de pacifier un esprit ou de le rendre généralement plus favorable à l'individu avant qu'un malheur ne se produise. Cette amulette sert de forme de sacrifice à une divinité qui aide à réconcilier l'individu et l’esprit en question.

Les amulettes apotropaïques ont également un but préventif général puisqu’elles sont destinées à empêcher l'action des esprits malins avant qu'ils n’aient une chance d'attaquer et de posséder un individu. Plus concrètement, ils protègent contre le mal et la possession.

Les amulettes prophylactiques offrent un type de protection plus spécialisé contre des maladies et des affections spécifiques. Elles empêchent l'esprit ou la divinité violente de provoquer la maladie, voire la mort en neutralisant les mauvaises actions et les intentions de l'esprit.

Finalement, les amulettes homéopathiques ont une fonction médicinale spécifique, qui consiste à soigner une maladie déjà existante. Le port de l’objet sacré sera précédé d’une cérémonie. Durant un processus d’exorciste, on tentera d’expulser l’esprit maléfique ayant pris possession du porteur.
 
Amulettes védiques anciennes : Magie pour religion
 
L'utilisation de l'amulette en Inde remonte probablement à la préhistoire, mais les références écrites les plus anciennes se trouvent dans les Vedas. Les trois livres principaux sont le Rig-Veda, une collection de chants sacrés, le Sama-Veda, des mélodies chantées par un prêtre lors d'un sacrifice et la Yajurda qui consiste en des formules sacrificielles. Plus tard, un quatrième livre, le ArthavaVeda, a été ajouté.

Les vedas citent fréquemment l'utilisation d'amulettes en utilisant le mot « mani », signifiant au sens large « bijou ou ornement » mais plus spécifiquement signifiant « amulette ». Dans la littérature sanskrite postérieure, l'amulette est aussi appelée « havacha » (armure) et « rahsha » (préservation, garde, soutien). Autrefois, et encore aujourd’hui, pratiquement tous les ornements corporels étaient portés à des fins de protections et étaient en fait considérés comme une forme d'amulette.
Le dernier des quatre Védas, l'Arthava-Veda a été écrit à la suite de l'assimilation des cultures aryennes et dravidiennes indigènes, et comprend des formules magiques archaïques, des mythes et des légendes véhiculés au sein des communautés. Il contient de nombreuses incantations pour les amulettes dont l'utilisation était déjà pleinement développée et établie à cette époque. On croit qu’il incorpore des idées anciennes de l’époque des cultures de la vallée de l’Indus, ainsi que des pratiques magico-religieuses dravidiennes. Son approche a grandement influencé le développement ultérieur de la culture aryenne. Il a également attiré l’attention générale car il s’agissait du côté « populaire » de la religion, dont l’objectif principal était d’assurer la réalisation immédiate de tous les désirs. Au moment de l'Arthava-Veda, tous les concepts de base actuels liés à l'utilisation des amulettes étaient reconnus, et ils n'ont pas beaucoup changé depuis.
 
Activation des amulettes
 
Le simple port de l’amulette ne lui confère pas sa puissance maximale. Chez les musulmans, son activation est effectuée par prêtre jugé capable de cet acte. Pour activer une amulette hindoue, il faut la consacrer (ahhiselui) de la même manière qu'une image d'une divinité hindoue doit être consacrée avant d'être considérée comme ayant une vie spirituelle (prana) et une puissance énergétique divine (shakti).

À l'époque védique, les amulettes développaient leur pouvoir suite aux rites exécutés par un prêtre. Dans le cas des amulettes naturelles, l’intention était de renforcer tout pouvoir que l’amulette possédait déjà. Les textes védiques nous informent d’ailleurs du matériel à utiliser, du temps nécessaire et des étapes à suivre. Les règles générales (parihhasa) devaient être suivies dans le rituel de consécration. La personne pour qui la cérémonie avait lieu (Karayitr) se tenait derrière le prêtre qui le purifiait avec de l'herbe sacré (darbha). À la fin de ces rites et cérémonies, le prêtre, tout en récitant l’incantation appropriée, attachait l'amulette au corps du receveur.

Aujourd'hui, pour dynamiser une amulette hindoue, elle est amenée à un prêtre (purohit) ou à un chaman (kahin) qui a la réputation de pouvoir accomplir les rituels appropriés. Une telle personne peut également être un vendeur d'amulettes.

L'activation de l'amulette, aujourd'hui, comme à l'époque védique, implique toujours l'incantation de formules magiques et l'exécution de divers rituels dont la nature dépend du type d'amulette et de son importance relative. La pureté rituelle de l'amulette et du récepteur sont les principales conditions requises pour leur travail. Le processus de purification peut impliquer la récitation par le prêtre d’un charme et d'un mantra approprié procurant la protection contre un danger général ou spécifique. Chaque mantra comprend une syllabe mystique (bija; kavacham), qui ajoute de la puissance.

Les récitations et les rites doivent être exécutés avec une exactitude absolue, conformément à la pratique établie, toute erreur pouvant provoquer le recul de l’amulette ou nuire à l’utilisateur. La même condition de correction s'applique à tout charme écrit et à l'exécution d'un diagramme magique tel qu'un yantra ou un carré de chiffre magique et à la représentation iconographique d'une divinité sur l'amulette.

Les rituels d'activation impliquent généralement un sacrifice symbolique (yajna), une oblation (odana) ou une offrande (hali) d'une substance non vivante tel que le riz à la déité (deva), à l'esprit (hhuta) ou à l’âme (preta) impliqué. Le prêtre officiant est généralement récompensé par un cadeau monétaire (dakshina).

Les amulettes peuvent être portées sur n'importe quelle partie du corps. Dans certains cas, pour préserver leur pouvoir, elles doivent être cachées dans des vêtements ou des chapeaux, des turbans ou d'autres coiffures. Lorsqu'elles sont cachées, les connaissances intimes qu'elles contiennent sont suffisantes pour rassurer l'individu dans sa capacité de protection.

Dans le climat généralement chaud de l'Inde où les vêtements peuvent être minimes, les amulettes sont souvent visibles sur le corps du porteur. Il n'y a généralement pas d'objection à ce qu'elles soient visibles, puisque presque tout le monde comprend leur fonction et accepte leur utilisation.

Les amulettes sont souvent placées à proximité des orifices humains naturels afin de détourner les esprits malins de toute entrée possible dans le corps via l’ouverture. Le piercing du nez en est un bon exemple.

Le cou est probablement l'endroit le plus commun pour la suspension d'une amulette, mais elles sont également portées sur la poitrine - attachées au fil sacré. Elles peuvent être placées sur la partie spécifique du corps qu'elles sont censées protéger, par exemple sous le bras gauche près du cœur, fixées sur l'ombilic par une corde ou attachées aux organes génitaux. Elles peuvent être portés sur le dessus de la tête, du front et des oreilles, sur le bras, le poignet, la cheville ou même les orteils.

Toute amulette sans consécration appropriée sera considérée comme sans vie ; comme un simple objet décoratif. Une amulette perdue, volée ou vendue perdra son pouvoir et sera considérée comme morte. En étant récupérées par un preneur ou un acheteur, elles pourront être réactivées en répétant les procédures requises. S'il s'avère nécessaire de vendre un type d'amulette, son contenu magique sera retiré et conservé par le propriétaire d'origine pour lequel il a travaillé.

Découvrez nos amulettes et leurs symboliques ici.



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